....... Il faut que la voix des sans voix, empêche les puissants de dormir... "L'ABBE PIERRE"

 
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28 avril 2008
Brisons la chaîne de la traîtrise…

Chers compatriotes de la diaspora, notre pays va mal, très mal !


Lorsque nous sommes en partance pour Lomé, nous n’avons qu’ une seule question à l’esprit : Qu’est-ce qui se passe exactement là-bas ? Sur le terrain, nous avons ajusté notre question : Qu’est-ce qui se passe exactement ici ? A cette simple question, nous voulons avoir des réponses à toutes nos préoccupations, la mal gouvernance, le manque d’infrastructures de santé, la crise économique qui engendre la cherté de la vie, l’éducation, l’état de délabrement avancé dans lequel se retrouve notre pays suite aux témoignages recueillis par notre rédaction. Nous ne saurions commencer notre investigation sans rendre visite à la sommité de l’Etat, à un des nôtres, en l’occurrence à Léopold Messan Gnininvi, considéré à tord ou à raison comme faisant parti encore de ceux qui, le 05 octobre 1990 ont dit NON ! à un régime sanguinaire, despotique incarné par les Gnansingbé.

Loin de pouvoir le rencontrer, nous pouvons affirmer sans ambages que l’entrer dans le gouvernement Mally du Professeur est une désillusion. Le ministre des affaires étrangères est complètement dégommé par son collègue de la coopération, Gilbert Bawara . Léopold Messan Gnininvi est une vitrine pour faire rempart à un régime aux abois ; l’état de délabrement de son institution montre à suffisance le rôle réel du prof dans ce putain de gouvernement. Avouons que le Ministère des affaires étrangères est à l’image de nos chancelleries à l’étranger. Le ministre n’a pas de réel pouvoir de décisions dans son département. Nous avons rencontré un nouvel recru, éminence grise de son parti la CDPA, sans bureau ni salaire.

Debout sur le parvis du Ministère, des cris de bottes. Il est 14h , le « Président » va passer. Ce Président dit-on qu’il est aimé par son peuple, roule à vive allure, escorté par des blindés de véhicules de guerre avec des armes lourdes. Se passe t-il quelque chose de grave qui menace la vie du « Président » et par ricochet, désintégrera son gouvernement ?

La gestion hasardeuse des affaires de l’Etat à laquelle Faure Eyadema Gnassingbé a habitué le peuple togolais semble confirmer tout le mal que les spécialistes de la vie politique pensent de lui. La preuve, un conseil de ministre tenu au cours de la première semaine du mois d’avril 2008, avait décortiqué point par point la mauvaise gestion faite de la SOTOCO entre temps, sous administration du frère du président, Kpatcha Gnassingbé. Au journal de 20h à la TVT, lecture est faite de la décision du conseil des ministres. Quelques heures après, aux éditions de nuit, la partie concernant la SOTOCO a été charcutée et repris dans la presse publique le lendemain. Que s’est-il passé en espace de quelques heures pour que le sommet de l’Etat fléchisse ?

Aucune rigueur dans la gestion de l’Etat. Un rapport de viol présumé de la police judiciaire en pleine procédure, se retrouve dans la presse. Cette manque de rigueur frappe le domaine de la santé, de l’éducation et de l’économie. La guerre des clans ne fait qu’ exacerber la crise sociale dans le pays. Ceci à une incidence grave sur la gestion du pays et se répercute sur la société togolaise. Il ne se passe pas de jour où l’on ne vous déchire les tympans avec la crise au sein de la Fédération Togolaise de Football(FTF), alors que les vrais problèmes sont ailleurs. Les tenants et aboutissants de cette crise sont dans l’ombre et tirent les ficelles. les stations radio et télévision sont prises d’assaut par des différents camps qui sévissent dans le football togolais. Les débats houleux font craindre un affrontement physique à la fin des entrevues. Les invités ne sont pas loin de venir à la main.

Chers compatriotes de la diaspora, notre pays va mal, très mal. Aucune infrastructure ne tient plus debout dans ce pays. Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé n’a rien à envier à Auschwitz . Les routes sont plus dangereuses que jamais et la municipalité ne trouve mieux à faire que de les replâtrer. 18h 30 au carrefour Colombe de la paix, les feux rouge et vert de la signalisation s’allument simultanément, les usagés s’embourbent dans le carrefour. C’est une aubaine pour les Zémidjans. Ailleurs, lorsque les feux tricolores ne fonctionnent pas, ils n’existent pas carrément. L’assainissement des quartiers sont dans un état piteux. Loin de reconstruire les routes, l’Etat installe des péages sur tous les grands axes. Une forme de rackettes insoutenables pour les usagers. La comparaison n’est pas raison. Faisons d’abord un tour à Accra au Ghana et à Cotonou au Bénin pour se rendre compte que notre pays est à la traîne. A Accra tout comme à Cotonou, vous constaterez que ces villes sont en chantier. Cotonou ou jadis qualifiée de tous les noms d’oiseaux est en pleine expansion. Quant à ce qui concerne Accra, tout est beauté, la discipline des usagers de la route est exemplaire. Comprenez pourquoi le Président des Etats-Unis dans ses récentes tournées en Afrique a choisi de visiter ces pays.

Retour au Togo à Lomé, où devant nous, un embouteillage monstre ; n’allez pas chercher loin. Un taxi moto vient de tamponner une voiture. La passagère une jolie fille d’une vingtaine d’année, le corps ensanglanté, est allongé sur le trottoir. La moto accidentée et la voiture impliquée dans le crash sont toujours au beau milieu de la route. Nous avons poussé la curiosité d’interroger un badaud qui crie au scandale : « nous n’avons plus le droit de porter assistance aux victimes. Les pompiers nous ont déconseiller de toucher les victimes d’un accident quelque soit l’ampleur et ça fait un moment que cette pauvre fille souffre ! ». Nos « routes » sont pleines de nids de poule, défoncées et ce qui est plus grave, la nuit tombée, des bonnes femmes sans aucun appareil de signalisations balayent les rues dans le noir. Dans ces circonstances, les accidents sont vite arrivés. Nous ne sommes pas encore en saison des pluies mais les quelques rares pluies qui sont tombées, ont causé d’énorme dégât à la circulation. Lomé craint le pire pendant la saison pluvieuse.

La misère rampante est visible partout. Sur les visages, vous ne lirez que désolation et amertume. Que fait le RPT pour endiguer ce mal qu’est la vie chère ? Plutôt de laisser les populations manifester leur désarroi face à la cherté de la vie, le Rpt enfonce le clou en interdisant toutes manifestations sur les voies publiques. Conséquence, les maigres consolations obtenues dans les pays comme la côte d’Ivoire, le Burkina, le Bénin, le Mali en réponse à la crise économique ; les togolais ne broient que du noir sans aucune réelle perspective d’avenir. Et comme cela ne suffisait pas, le délestage refait parler de lui : le petit commerçant, ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrire un groupe électrogène sont plus que vulnérables. Les vendeurs des produits congelés ne savent plus où mettre la tête.

Une autre facette de la crise économique, la dépravation des mœurs. 22h 30 en face de la préfecture du golfe, un groupe de filles, l’une d’elle est très bavarde, elle nous raconte tout : comment elle se retrouve là et pourquoi ? Elle croit dure comme fer qu’elle va s’en sortir. Elle avoue que le métier de la prostitution n’est plus tabou au Togo. Un petit détour à Dékon au bar Panini confirme ses déclarations. Les filles rivalisent de stratégies et de ruses pour avoir de clients. Ici, nous sommes dans un environnement hostile où tout peut arriver. Un retour à l’hôtel Palm Beach pour retrouver notre fille bavarde ; Trop tard, une 4X4 vient de l’embarquer !

Tiens ! les 4X4, parlons en . Dans ce pays où tout est à refaire, où les gens meurent de faim, il y a une catégorie de classe qui voit la vie en rose et ne se souci outre mesure à leurs concitoyens. Cette classe à un nom : les « Pontes » ou affidés. Ils roulent dans les voitures les plus rutilantes.

La Diaspora en réalité est la seule qui tient l’économie togolaise sous perfusion. Comment la diaspora togolaise loin de priver les siens de vivre, doit prendre à bras le corps la crise de confiance, de mal gouvernance, économique et sociale au Togo? L’Etat lui, continue de multiplier dans tous les coins de rue les agences westerns unions. La multiplicité de ces agences nous fait penser que l’Etat détient tous les données concernant ceux qui par une raison ou une autre se retrouvent loin de chez eux.

Tout compte fait, sur le plan politique, nous avons vu les responsables du RPT apporter des contradictions à leurs adversaires politiques. La force brute en d’autres temps à céder le pas à une arrogance incommensurable. Voilà une raison pour un travail de terrain et pour la remobilisation des troupes. Le manque de confiance dans ce qui nous à unis comme un seul homme le 05 octobre 1990 s’amenuise petit à petit au sein de la population.

Comment défaire ce régime ? La question reste posée. Une chose est sûre : les présences sur le terrain font reculer les forces de mal. L’espoir naît lorsqu’il y a de lumières que d’autres. Nous sommes du côté de la lumière.

Xavier NOUGBLEGA, tultogo.com
Lettre à mes frères togolais de la diaspora















Si on veut la réconciliation, on ne doit pas revenir sans cesse sur ce qui nous a séparé...
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