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28 avril 2008
Togo : Le DG du FER Ferdinand Tchamsi accorde un marché gré à gré de plus de 5 milliards de F CFA à des sociétés écrans

Après la prise sanglante du pouvoir suite aux massacres d’avril 2005, Faure Gnassingbé et les sous-fifres qui l’entourent ont fait comprendre aux togolais et à une certaine communauté internationale , que la bonne gouvernance, la gestion rigoureuse des fonds publics, la lutte contre la corruption seront le modèle de leur gestion du pouvoir. Aucun Togolais sérieux n’a accordé un quelconque crédit à ces affirmations d’un homme, produit d’un système ou le pillage systématique des ressources du pays est un sport favori voire une tare congénitale. Trois ans après, les faits semblent donner raison à tous ceux qui étaient pessimistes.

Au Togo, sous le règne de Faure, la faillite des sociétés d’Etat ou les scandales financiers se succèdent presque dans les mêmes conditions sans que personne ne lève le petit doigt pour arrêter et traduire devant les tribunaux les auteurs des crimes économiques. Les défuntes sociétés OTP et IFG ont laissé une ardoise salée de plus de 109 milliards de FCFA transférés sur la dette de l’Etat donc payable par les contribuables togolais. Quant aux auteurs de ces détournements l’audit en question n’en fait pas cas, et rien n’est fait pour les démasquer. La SOTOCO vient d’emboîter le pas en laissant derrière elle la bagatelle de 61,5 milliards de F CFA. Ce constat vient même du gouvernement dans un récent conseil des ministres. Mais pas un seul mot sur les voleurs. Le gouvernement est obligé aujourd’hui d’injecter 600 millions de francs par mois à la CNSS alors que, l’homme qui a en charge de la gestion de cette boîte à savoir Koffi Walla, est au centre de tous les détournements avérés dans la gestion de cette structure devenue presque une entreprise privée. La CEET n’est pas du reste, malgré un prêt de 10 milliards accordé par les bailleurs de fonds pour étendre son réseau et améliorer ses services, les togolais sont toujours dans le délestage chronique et aucune amélioration n’est en vue. Quant à la BTCI complètement en banqueroute saignée à blanc par un certain puissant DG Kanékatoua Yao admis à la retraite et renommé récemment président du Conseil d’Administration de la même banque ; La restructuration de la banque est devenue aujourd’hui une exigence des institutions de Breton Wood. Malgré l’état comateux de cette institution financière, des responsables de cette boite ont acquis ces derniers jours un groupe électrogène hors d’usage, vieux de plus de 20 ans, à la faramineuse somme de 185 millions de francs CFA. Cette épave prévue pour pallier au délestage n’a jamais été démarré jusqu’à présent. Nous avons fait cas sur ce site de l’arrestation dans le courant du mois de février en France de deux directeurs généraux de l’administration fiscale et douanière en train de faire des achats avec la bagatelle somme de 40 millions de francs CFA en liquidité. Jusqu’à ce jour ce monsieur et cette dame très proche de Faure narguant parfois leur ministre de tutelle à qui ils ne sentent nullement obligés de faire des comptes, n’ont jamais été inquiété. Au contraire ils continuent par trôner en véritable potentat à la tête des douanes et des impôts.

Plus de 5 milliards pour un marché gré à gré ou le scandale de trop au FER
Si nous étions obligés de rappeler tous ces faits avant de tomber sur le sujet proprement dit, c’est pour permettre à nos lecteurs de se faire une réelle idée de la complaisance ou la légèreté qui caractérise la gestion de Faure Gnassingbé dans un pays totalement en ruine où la misère et le chômage sont galopants alors qu’au même moment, certains individus sans foi ni loi se permettent de confondre les caisses de l’Etat à leurs propres poches. Et comme tout ce que nous venons de cités plus haut ne suffisait pas, voilà un nouveau scandale qui secoue actuellement le FER ( Fond d’Entretien Routier) dont le SG Ferdinand Tchamsi est un proche de Faure Gnassingbé. En effet ce monsieur parachuté à la tête de cette structure depuis bientôt 3 ans vient d’accorder des marchés gré à gré de plus de 5 milliards à des sociétés écrans dans les travaux de reconstruction des ponts, chaussées, des pistes, des infrastructures etc… dans la région des Tônes et principalement dans les préfectures de l’Oti et Kpendjal profondément éprouvées par les inondations de l’année dernière. Plus grave, ce monsieur s’est accaparé non seulement des travaux qui sont du domaine du ministère de l’urbanisme et de l’habitat mais toutes les sociétés auxquelles il a accordé les marchés sont soit, de lui même ou de ses proches. Ce scandale de plus suscite actuellement la consternation au sein même de certains proches du pouvoir surtout qu’en moins de trois ans à la tête de la structure, notre puissant DG s’est offert 5 villas neuves à la cité OUA, dispose de 15 voitures de luxe 4X4 , d’une gigantesque ferme agricole dans la préfecture de Sotouboua et d’autres biens un peu partout dans le pays voire même à l’extérieur. Comme d’habitude depuis l’éclatement de ce scandale, Faure Gnassingbé est muet comme une carpe, les anciens opposants actuellement au gouvernement sont également silencieux. Quant aux députés de l’opposition au parlement, ils semblent être plus préoccupés en ce moment par leurs indemnités plus qu’autre chose. Voilà comment ce pays se gère dans la complicité passive ou active des uns et des autres. Ce scandale vient relancer le débat sur la nécessité de la mise en place de la Cour des Comptes toujours annoncée dans les discours mais qui tarde à se mettre en place. Le Togo malheureusement est l’unique pays de l’UEMOA qui ne dispose pas à ce jour d’une Cour des Comptes.

Quant au FER, ses recettes annuelles se chiffrent à des dizaines de milliards puisque ayant pour revenu les fonds de « péage », les fonds prélevés sur chaque litre d’essence acheté, ainsi que les fonds provenant des partenaires en développement. Malgré ces milliards les routes togolaises et surtout celles de la capitale ressemblent à des pistes de rallye jonchés de nids de poule, des crevasses qui causent régulièrement des accidents aux usagers. Il faut arrêter cette folie de pillage systématique des ressources de ce pays par une bande d’individus qui se sentent au dessus de la loi et qui siphonnent régulièrement les ressources compromettant ainsi l’avenir de toute une Nation. Avec Faure Gnassingbé, il ne faut pas s’attendre au miracle dans ce domaine, pire il est lui même au centre de ces crimes économiques, alors il faut arrêter par tous les moyens cette machine infernale.

Simon de Fanti, tultogo.com
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