Blaise SALLAH: "Nous ne faisons que du journalisme, rien d'autre..."
tultogo.com: Bonjour Blaise SALLAH! comment allez-vous ? Actuellement, c’est l’état de grâce dans la presse togolaise ?
BS: Bonjour mon cher ami ! Pour répondre à votre première question, je me porte « togolaisement » bien, c’est-à-dire je vis comme tout bon togolais dans la strangulation économique ambiante faite de hausse des prix des denrées de première nécessité et tout ce qui va avec. Et encore on annonce des lendemains incertains avec les prix qui vont encore grimper, surtout celui du carburant dont la prémices est déjà posée lors du conseil des ministres du 25 mars 2008 par les menaces à peine voilées du gouvernement.
Quant à ce vous qualifiez d’état de grâce dans la presse togolaise, c’est vrai qu’on n’emprisonne plus les journalistes pour leurs opinions mais les ennemis d’une presse libre au Togo sont toujours là. Souvenez-vous, il y a pas si longtemps, mon confrère et Directeur de publication Dimas Dzikodo a été roué de coups en plein centre-ville de Lomé. Il y a aussi les incessantes convocations par la HAAC quand les écrits déplaisent un peu en « haut ».
tultogo.com: Mais ce n’était pas du tout facile au temps de Gnassingbé père ?
BS: A la vérité, les choses n’ont pas trop changé sauf qu’il y a aujourd’hui une certaine « courtoisie » dans les tentatives de musèlement de la presse. C’est désolant mais la HAAC constitue un étau autour de la presse et joue au vilain de mettre la pression sur les journalistes pour un oui ou un non. Et dire que c’est un « gars du privé » qui est à sa tête…
Dans tous les cas, avouons qu’au temps de Gnassingbé père, les choses étaient plus rudes. J’ai passé six(6) mois à la prison civile de Lomé. Loin d’en être sorti aplati et laminé, je suis aujourd’hui plus que ragaillardi.
La réalité aujourd’hui est que le danger se noie dans cet « état de grâce » auquel vous faite allusion. La prudence est donc toujours de mise.
tultogo.com: Vous êtes le directeur de la rédaction du journal privé togolais « Forum de la semaine » . Dites-nous comment se porte votre journal ?
BS: « Forum de la semaine » est et demeure ce qu’il est, c’est-à-dire une tribune où nous ne faisons que du journalisme, en toute objectivité, sans passion et en toute impartialité. « Forum de la semaine » se porte bien et notre lectorat continue par nous suivre assidument. N’en déplaise à ceux qui veulent voir le fruit de cinq ans de privations, de courage partir en fumée en nous collant des faits d’armes très peu glorieux. Nous les laissons à leurs affabulations, surtout ceux qui se cachent sous des pseudonymes et distillent des contre-vérités sur la toile. C’est trop facile de jouer à ce puritanisme puant à couvert. La bravoure à des milliers de kilomètre de Lomé, nous savons ce que sait.
tultogo.com: Depuis quelques jours, la liberté d’expression semble en péril par l’interdiction d’émissions et les convocations intempestives de la H.A.A.C. Quelle est votre réaction face à cette situation ? Sommes-nous revenu à la vieille méthode de la dictature ?
BS: On ne peut pas comprendre l’acharnement actuel de la HAAC surtout que c’est l’un des nôtres qui la préside, c’est-à-dire quelqu’un qui connait toutes les difficultés que rencontre la presse privée au Togo. Alors, au lieu qu’on note une certaine souplesse dans les sorties de la HAAC, on est plutôt sidéré par la hargne de la HAAC à faire taire les journalistes. On peut même conclure à des règlements de compte ciblés pour satisfaire des intérêts qui se sentent menacés par nos déballages, qui ne sont d’ailleurs que des vérités sinon nous les connaissons, ils auraient saisi les tribunaux.
La HAAC aujourd’hui, c’est une main de fer dans un gant de velours à l’instar du pouvoir. C’est toujours la vieille méthode de la dictature mais à la « sauce Faure ».
tultogo.com: La presse togolaise rencontre d’énormes difficultés. Votre canard fait partie des journaux les plus lus. Quel est le secret de votre réussite ?
BS: C’est simple : l’honnêteté, l’objectivité, la rigueur et une grande dose de courage. Nous essayons de faire du journalisme. D’ailleurs une de nos réclames le dit si bien : « nous sommes journalistes ». Et puis les togolais ne sont pas dupes, ils savent distinguer le vrai de l’ivraie. Comme le dirait quelqu’un, ils savent que nous défendons leurs intérêts, la vérité et la justice. L’information vraie quoi !
tultogo.com: Où en êtes-vous avec la justice dans l’affaire qui oppose Tata AVLESSI et « Forum de la semaine »
BS: Tout d’abord, je voudrais vous dire que cette plainte de Tata Avlessi ne nous émeut outre mesure parce que c’est un dossier vide. « Forum de la semaine » n’a jamais accusé Tata Avlessi de quoi que ce soit et particulièrement de ces accusations fallacieuses contenues dans la citation directe qui nous a été remise. Nous étions donc sereins et attendons le rendez-vous du 16 avril prochain quand, en grand seigneur, Tata Avlessi annonce sur la télévision nationale le dimanche dernier que : « à partir de cet instant, je donnerai des instructions fermes à mes avocats pour qu’ils retirent la plainte ».
Evidemment, nous nous n’avons rien à cure. On dit en Mina : « il ne faut pas se mettre en percal et manipulé l’huile de palme ». Vous avez compris, le Monsieur savait ou à su après coup qu’il allait dans le mur. Alors il fallait trouver un autre coup foireux pour faire du tort à « Forum de la semaine ». Ces emmerdeurs qui ne le laissent pas naviguer à vue dans sa gestion du football togolais. Et là, il sème la vermine. . .
tultogo.com: Justement, une rumeur circule depuis un certain temps sur une prétendue aide apportée par Tata AVLESSI à Dimas DZIKODO lors du décès de sa mère. Dans l’émission « Le plateau de la semaine » du 06 avril 2008 sur la TVT, le Président de la FTF à confirmé cette rumeur. Pouvez-vous nous éclaircir plus ?
BS: Ce n’est qu’un gros mensonge et le concerné Dimas Dzikodo entend y donner une suite conséquente. Pour revenir à cette bonne blague, c’est une rumeur qui circulait depuis des mois. C’est à moi qu’un des sous fifres de Tata Avlessi, un certain Aimé de Souza qui se dit chargé de ses relations extérieures a balancé cette intox il y a quelques mois. Mais ce même monsieur lorsqu’il s’était retrouvé en face de Dimas Dzikodo à l’aéroport Roissy-Charles de Gaule avait tout nié en bloc. Il y avait un témoin, en l’occurrence le confrère Claude Amah de la TVT. Après coup, je me disais donc que c’était une vilaine d’un courtisan mal inspiré pour plaire à celui qu’il caresse dans le sens du poil. Mais que ne fut ma surprise quand Tata Avlessi sur les plateaux de la TVT insinua la même chose : « … quand la maman de Dimas était morte, il est venu vers moi. Ce que je dois faire, je l’ai fait pour l’aider ». Avouons que c’est un peu gros et très facile de noircir quelqu’un de la sorte.
tultogo.com: Vous confirmez donc que le Directeur de Publication de votre journal n’a jamais reçu de l’argent de AVLESSI pour organiser les funérailles de sa mère ?
BS: Ecoutez ! la maman de Dimas Dzikodo était morte le 16 novembre 1996. Qui connaissait au Togo un certain Tata Avlessi ? Peut-être qu’il a rencontré Dimas dans une vie antérieure. Non, c’est une affabulation pure et simple.
tultogo.com: Alors quel est l’intérêt du sieur AVLESSI à distiller ses informations ?
BS: Cela va de soi, le présenter aux yeux des togolais comme un corrompu, un ingrat qui aurait profité de ses largesses en le remerciant en monnaie de singe. En fait, il voulait jouer sa parole contre celle de Dimas. Il ne perd rien pour attendre.
tultogo.com: Que pensez-vous de l’avenir de la presse au Togo ?
BS: Tant qu’il y aura des gaffes de la part des décideurs publics, il y aura toujours des téméraires pour les dénoncer. La presse au Togo aura toujours sa place. C’est vrai qu’il y a aussi une nouvelle race de journalistes, en fait des opportunistes qui ont vu un bon filon pour échapper au chômage qui font chaque jour que Dieu fait du tort à ce noble métier qu’est le journalisme par des actes indignes. Pour preuve, si Tata Avlessi ment de la sorte avoir donné des sous à Dimas pour les funérailles de sa maman, c’est que surement des confrères sont allés le solliciter dans pareille circonstance. De là, à faire l’amalgame, le pas est vite franchi.
tultogo.com: Votre mot de fin?
BS: Ce sera en fait un coup de gueule. Je constate sur la toile l’engouement des compatriotes de la diaspora par rapport à la situation au pays. Mais c’est trop beau la bravoure à des milliers de kilomètres de Lomé. Qu’ils descendent de temps en temps sur le terrain.
tultogo.com: Monsieur Blaise Sallah, je vous remercie !
Interview réalisée par: Xavier NOUGBLEGA, tultogo.com