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15 janvier 2008
Qui a tué Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio ? 45 ans après les faits Gilchrist Olympio veut savoir la vérité.

Réelle volonté de recherche de la vérité, simple manœuvre de diversion ou sortie médiatique ; 45 ans après l’assassinat de Sylvanus Olympio par une horde de demi soldes démobilisés de la guerre d’Algérie, Gilchrist Olympio demande une commission d’enquête afin que les coupables soient traduits devant la justice même s’ils sont dans leur tombeau ou dans leur cercueil a t-il martelé lors d’une conférence de presse la semaine dernière au siège de son parti à Lomé. l’on se rappelle que le 13 janvier 1963, le père de l’indépendance du Togo était victime d’un crime crapuleux déguisé en coup d’Etat militaire et dont le principal cerveau était le sergent chef Etienne Gnassingbé l’homme qui régna sur le Togo pendant 38 ans. Jusqu’à ce jour aucune enquête nationale ou internationale n’a été diligenté pour établir la vérité sur cet événement malheureux qui continue de diviser les togolais surtout que le pouvoir des Gnassingbé de père en fils a érigé cette date en une fête nationale de libération.

Il faut rappeler que le leader de l’UFC est à Lomé dans le cadre de la commémoration de cet évènement par son parti. Du côté du pouvoir l’on n’a pas dérogé à la tradition, même si la célébration de cet évènement a été placé sous le signe de la sobriété et de la réconciliation, l’imposant défilé militaire et civil organisé sur le boulevard de l’armée et dans toutes les préfectures du Togo n’avait rien de sobre. En réalité la célébration de la fête du 13 janvier a bel et bien eu lieu du côté du pouvoir malgré les manœuvres visant à faire croire à l’opinion qu’elle était placée sous le signe de la sobriété. Quelle différence y a t-il entre un défilé militaire dans les casernes et celui qu’on organisait dans les rues de la ville. Face donc à cette célébration qui n’a pas fait l’unanimité au sein même du gouvernement puisque certains ministres comme ceux de la CDPA et celui de l’UDS-Togo ont boycotté l’évènement, les héritiers politiques et biologiques de Sylvanus veulent que la vérité soit faite.

Pourquoi une enquête maintenant

« Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » disait madame Roland. Pendant longtemps le régime Eyadema a tronqué l’histoire en présentant le 13 janvier comme un fête de libération nationale et en jetant dans les poubelles de l’histoire le 27 avril date de l’indépendance du Togo. Et puisqu’il est souvent difficile d’effacer la mémoire de tout un peuple, le fantôme de Sylvanus Olympio enfermé quelque part dans les placards secrets de l’Elysée s’invite au devant de l’actualité à chaque 13 janvier rappelant ainsi aux assassins et à leurs commanditaires que non seulement ce crime ne doit pas être impuni mais que le peuple togolais mérite de savoir la vérité. Sylvanus Olympio est devenu une épine entre les pieds des puissances néocolonialistes et particulièrement la France et de ses suppôts africains au même titre que Thomas Sankara, Diallo Telli, Amilcar Cabral, Patrice Lumumba, Tavio Amorin etc. Gilchrist Olympio en relançant le débat sur l’assassinat de son père qui fut l’un des plus grands leaders indépendantistes en Afrique francophone fait t-il une manœuvre de diversion comme le prétendait Kokou Tozoum lors de l’émission 7/7 ce dimanche sur TV7 une chaîne privée de Lomé ou a t-il finalement compris que l’heure est venue pour que la vérité soit établie. En analysant cette dernière sortie médiatique de l’imprévisible Gilchrist, on finit par découvrir un certain nombre de facteurs qui concourent à cette déclaration seulement l’on se demande si en l’état actuel des choses cette initiative aura une suite.

Il est évident que l’assassinat d’un chef d’Etat quelque soit les mobiles ne saurait être classé dans la rubrique des faits banales. En exigeant aujourd’hui cette enquête dont la finalité selon Gilchrist est de punir les coupables, le leader de l’UFC sait pertinemment que les auteurs de ce crime que ce soit du côté Togolais ou du côté français ne sont plus de ce monde. Mais la question qui demeure est de savoir à qui profite le crime ?

A la France qui n’a jamais digéré les méthodes de Sylvanus Olympio jugé trop anglo-saxon et à Etienne Eyadema dont les fils continuent de régenter le Togo en pillant les ressources. Depuis 2 ans, Gilchrist croyait aux discours de réconciliation de Faure Gnassingbé qu’il trouve fréquentable. Mais dans la réalité il se rend compte de la duplicité de l’homme dont les actes sont aux antipodes des paroles. La célébration du 13 janvier 2008 malgré les discours de réconciliation est une occasion pour le leader de l’UFC de rappeler à Faure et son bataclan que le crime est le fondement du régime dont il est l’hériter.

En célébrant donc cet évènement avec faste ou non il participe à ce festin macabre dont les auteurs sont toujours passibles de punition. Seulement en remettant ce dossier au devant de l’actualité, c’est une page sombre de l’histoire de la Franceafrique que le leader de l’UFC essaye d’ouvrir.

La France accepterait-elle une telle initiative sachant qu’elle est réellement l’organisatrice de cet assassinat surtout que 45 ans après, les archives ne sont pas toujours déclassés. Il serait naïf et Glchrist le sait très bien que, le régime actuel et la France acceptent une telle enquête. Pendant plus de deux ans l’on a fait croire aux togolais que c’est Kpatcha Gnassingbé et les barons caciques qui exigeaient la célébration de cet événement contrairement à Faure qui est contre. Et bien voilà, les faits disent le contraire surtout en ce moment où Kpatcha l’homme qui était présenté comme l’obstacle aux reformes n’est plus dans le gouvernement. Cette attitude révèle le double visage de Faure qui ne cherche qu’à consolider son pouvoir par tous les moyens. Nous devons comprendre une fois pour toute que Kpatcha Gnassingbé ou Faure Gnassingbé c’est du pareil au même.

Quant à Gilchrist Olympio, il doit se rendre compte qu’après plusieurs décennies de lutte improductive l’heure est arrivée de tirer sa révérence et passant le témoin à une autre génération plus jeune, réaliste et pragmatiste. Nous savons que dans la tradition du mouvement Ablodé, la gérontocratie est une norme mais pour la cohésion de son propre parti qui est aujourd’hui partagé entre ceux qui trouvent en Faure un homme respectable et fréquentable dont Gilchrist lui même, ceux qui comme Patrick Lawson et ses amis qui traitent nuitamment avec Kpatcha Gnassingbé au point qu’ils deviennent ses alliés et enfin ceux qui jouent aux messieurs propres c’est à dire le durs dont Jean Pierre Fabre ; il y’a des risques que la confiance du peuple togolais en ce parti n’aboutisse à rien et que le changement incarné par l’UFC ne soit finalement un leurre voire une illusion. La sagesse consiste parfois aussi à prendre conscience de ses propres limites et en la matière le leader de l’UFC doit seulement comprendre qu’on n’observe plus aucune lisibilité, aucune cohérence dans les actes de son parti qui ressemble de plus en plus à un navire qui perd ses repères.

Sylvanus Olympio est un patrimoine national et la vérité sur son assassinat ne peut être qu’une cause nationale. L’important aujourd’hui c’est de bouter hors de ce pays le RPT et ses suppôts après nous rétablirons la vérité sur l’histoire de notre pays.

Rédaction Tultogo.com
Si on veut la réconciliation, on ne doit pas revenir sans cesse sur ce qui nous a séparé...
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