Crise à la FTF : baptême de feu du ministre Antoine FOLLY

L’année 2007, était la plus sombre de l’histoire du football togolais tant elle a été riche en évènement malheureux. Antagonisme féroce entre les membres du bureau élu le 9 janvier 2007, crash de Lungi, bastonnade de Cotonou, sanction à vie de Tata AVLESSI, élimination des éperviers de la coupe d’Afrique Ghana 2008, suspension du stade de Kégué etc… Avec le début de la nouvelle année et surtout l’arrivée au ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs d’un nouveau ministre en la personne de Antoine Folly , le peuple togolais et surtout les aficionados du football espéraient mieux.
Seulement voilà ; les vieux démons et les incorrigibles refont surface. Depuis quelques jours, le point focal de l’actualité togolaise est le football et pour cause, le nouveau ministre dans sa recherche de solution durable à la longue et profonde crise du football togolais a dévoilé la semaine dernière au cours d’une conférence de presse, les piste susceptibles de ramener la sérénité dans le football togolais.
Face aux urgences de l’heure à savoir : le recrutement d’un nouveau sélectionneur et la mise sur pied d’une équipe nationale pour le début des éliminatoires CAN/coupe du monde 2010, le ministre a suggéré la mise sur pied d’un comité autonome de gestion de l’équipe nationale. Pour ce faire, il a invité à Lomé deux experts français du noms de : Michel Hidalgo et Gérard Soler pour aider à rédiger le cahier de charge du nouveau sélectionneur.
Si cette initiative est saluée à l’unanimité par l’ensemble des acteurs du football, l’autre initiative qui consiste soit à faire revenir l’ancien bureau issu des élections du 09 janvier 2007 ou soit à organiser des élections pour un nouveau bureau déchaîne les passions. Par ces propositions, le ministre a remis tacitement en cause la légitimité de l’actuel comité provisoire (CPG) qui ne serait pas selon nos informations reconnu par la CAF et la FIFA.
Le penchant pour le ministre de faire revenir le bureau élu du 09 janvier amputé de Tata Avlessi et donc de mettre fin du coup à l’existence du CPG n’est pas du goût de tout le monde. Depuis la sortie médiatique de Antoine Folly, la crise du football est revenue comme un effet de boomerang au devant de l’actualité et la presse s’en charge comme par le passé à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes en jetant de l’huile sur le feu. Même si l’initiative du ministre est appréciée par la plupart des togolais qui pensent qu’il faudrait au préalable réconcilier les gens avant d’envisager plus tard les élections, le général Zoumaro Gérard Gnofame et ses amis ne sont pas du tout de même avis que le ministre. Ils font feu de tout bois pour passer de fausses informations dans l’opinion. Le général Gnofame est finalement devenu de part ses prises de position, un élément de la crise plutôt qu’une solution.
Les dérives « gnofamiennes »
Cela fait plus de 30 ans que le « grognard » régente le football togolais. L’inamovible président du CNOT malgré son âge n’est pas encore prêt à passer le témoin. L’homme qui avait été exclu à vie de toute activité sportive par la CAF en 1977 pour avoir giflé à Lomé un arbitre sénégalais lors de la rencontre entre Djoliba et une équipe togolaise est revenu en force non sans avoir mis à contribution ses réseaux. Et depuis il est devenu un homme incontournable dans le sport au Togo et principalement au niveau du football où il dicte ses lois parfois au mépris des textes en vigueur.
Au moment de la crise au sein de la Fédération Togolaise de Football (FTF), après une mission avec Bernard Walla et Gilbert Atsu au Caire, le général Gnofame avait proposé au gouvernement la mise sur pied du comité provisoire de gestion (CPG). Il avait déclaré à l’époque que ce comité était une recommandation de la CAF. mais aujourd’hui l’on se rend compte de la supercherie et au sein même de la CAF la tendance est à la dissolution pure et simple de ce comité qui n’a aucune légitimité. Malgré cette situation, le général continue de soutenir mordicus sans être capable de brandir la moindre preuve que la FIFA par courrier a reconnu l’existence de ce bureau. Et même si cette preuve existait, il serait étonnant que le ministre des sports ne dispose d’une copie.
En réalité la CAF avait juste pris acte de la mise en place de ce comité ce qui ne signifie en rien qu’elle reconnaissait sa légitimité, puisque la mise sur pied de ce fameux comité était une situation de fait. Au moment où le nouveau ministre cherche par tous les moyens à recoller les morceaux pour ramener la sérénité dans la maison, l’on s’étonne des sorties médiatiques intempestives du grognard qui n’a d’autres objectifs que de saboter la démarche du ministre. Seulement, le général oublie que ce comité provisoire dont il devient l’ardent défenseur n’est que l’émanation du gouvernement sur proposition du CNOT. Si aujourd’hui le même gouvernement estime qu’il est temps de mettre fin à l’existence de cette structure, l’on ne voit pas pourquoi le patron du CNOT s’agite au point de manipuler l’opinion à moins qu’il existe des choses qu’on cherche à dissimuler aux togolais. La vérité est que la gestion scabreuse des fonds de la fédération par Tata Avlessi a profité à quelques individus dont le général Gnofame. La peur d’un éventuel audit lié au retour des gens qui lui sont hostiles lui donne des insomnies au point qu’il s’invite dans le débat actuel mais de la manière la plus ridicule en compliquant les choses et en écorchant son image d’homme respectable. Il faut qu’une fois au Togo les gens respectent les textes qu’ils se sont eux même donnés car balayer tous les protagonistes de la crise actuelle pour organiser un congrès électif ne servirait à rien puisque ce sont les mêmes qui tiennent les clubs et les ligues et donc d’une manière ou d’une autre, ils reviendront et les mêmes problèmes pourront resurgir. Nous pensons que le général Gnofame est un homme respectable, il gagnerait en crédibilité en restant à l’écart de tout ce débat ou en s’abstenant de rouler pour certains individus.
La presse togolaise au cœur de la crise actuelle
Au lendemain de la qualification du Togo pour la coupe du monde, l’on a assisté à l’émergence d’une pléthore de journaux sportifs et certaines radios de la place accordent désormais une attention particulière au ballon rond. Une initiative saluée par l’ensemble des togolais. Mais avec le recul il faudrait reconnaître que la presse au Togo a pris une part active à la crise en exacerbant les tensions entre les protagonistes. Aujourd’hui elle revient à la charge avec les mêmes comportements, ce qui n’est pas de nature à faciliter les choses. A peine le ministre a fait sa première sortie que les journalistes ont sauté sur l’occasion pour le traiter de tous les noms. certains ont même affirmé sur une radio de la place qu’il risque de subir le même sort que son prédécesseur Richard Attipoé décédé dans le crash de Lungi. Seuls quelques rares journaux et radios font des analyses pertinentes et dépassionnées. Le reste s’installe dans la polémique inutile en versant parfois dans la provocation. Nos investigations révèlent que l’analyse de ces journalistes dépendant énormément des sommes d’argent qu’ils reçoivent auprès de chaque camp. Ainsi à Lomé la plupart des journalistes sportifs roulent désormais en voiture alors qu’en réalité le journalisme ne rapporte pas grand chose. Le plus scandaleux consiste à prendre de l’argent au même moment chez des frères ennemies au point de soutenir une cause le matin et son contraire le soir. 40 années du système pervers RPT ont fini par faire de certains togolais des hommes sans repères : la morale et l’éthique n’existent plus ; l’essentiel c’est d’avoir de l’argent. Cette situation est inquiétante surtout de la part des journalistes qui ont une obligation de dire la vérité pour informer la population. Dans le cas de la crise actuelle du football et même parfois en politique, il est difficile de ne pas trouver des journalistes « bitosards » qui ont transformé leur bic en tube digestif et mangent à tous les râteliers. Dans le cas d’espère de ce qui se passe actuellement dans le football ceux qui s’opposent au retour de la légalité à savoir Dogbatsè, Walla et dans une certaine mesure Gnofame n’hésitent pas déverser des billets de banques sur les journalistes qui se chargent de produire des articles à sensation pour intoxiquer l’opinion.
Le Togo apparaît désormais comme un pays à la dérive puisque non seulement les hommes ne respectent aucun principe, mais ils ne sont pas non plus disponibles à se soumettre à aucune décision. Antoine Folly qui vient d’entrer au gouvernement doit faire face à ce casse tête chinois dont la résolution nécessite beaucoup de sang froid. Nous espérons qu’il pourra s’en sortir pour le bien du football togolais
La rédaction Tultogo.com