....... Il faut que la voix des sans voix, empêche les puissants de dormir... "L'ABBE PIERRE"

 
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19 décembre 2007
Vendredi noir à Notre Temps

Vendredi 14 décembre 2007. Des éléments armés venus à bord de quatre véhicules de la police nationale investissent le domicile de Nadjikimo Bénoudjita, Directeur de publication du journal Notre Temps et procèdent à son enlèvement.

Il était 5 heures 50 mn ce jour, lorsque quatre véhicules ont stationné devant le domicile de Nadjikimo Bénoudjita. Selon les témoignages des habitants du quartier, les véhicules seraient stationnés nuitamment à 150 m des lieux attendant l’heure H. Sitôt arrivés devant le domicile les occupants une trentaine au moins de personnes des véhicules descendent prestement et investissent les lieux. Le petit frère de Nadjikimo, monsieur Nadjasta qui se trouvait dans la cour est vite intercepté. Il est pris pour son frère aîné. Les envahisseurs lui intiment l’ordre d’embarquer sans autre forme de procès. Nadjasta qui est surpris par cette arrestation au forceps décline son identité. Mais rien n’y fait. On tient à le prendre. Au même moment Nadjikimo, alerté par les cris des enfants sort de sa chambre, décline son identité et demande ce qui se passe. Le chef de fil des éléments armés lui fait savoir qu’il est en état d’arrestation et qu’il doit embarquer. Nadjikimo exige tout de même le mandat d’emmener qui devrait justifier cette arrestation. Pour toute réponse on le somme d’embarquer. Pour éviter le pire en pareille circonstance Nadjikimo obtempère. Les quatre véhicules démarrent aussitôt en trombe sous le regard, les cris et les injures des voisins. Un peu plus tard, les collaborateurs et quelques membres de la famille de Nadjikimo se présentent à la police judiciaire pour chercher à savoir. On leur dira qu’il n’est pas là. Aux Renseignements généraux on leur fera croire que Nadjikimo n’est pas là non plus ? Mais où doit-il être transféré puisque les véhicules appartiennent à la police nationale ? Il doit être à l’Agence nationale de la sécurité (Ans) soutien laconiquement un responsable de la police judiciaire. La famille et les collaborateurs sont désemparés…? Qui en veut à Nadjikimo ? Que lui reproche t-on ? Pourquoi cette mobilisation spectaculaire des éléments armés ? Le Dp de Notre temps détiendrait-il des armes de destruction massive ? Serait-il de mèche avec certaines organisations terroristes ? Préparerait-il un coup de force contre le pouvoir ? Mille et une interrogation taraudent les esprits… Aux environs de midi, des informations recueillies auprès de sources dignes de foi vont révéler que Nadjikimo est bel et bien gardé dans les locaux des Renseignements généraux. Le lendemain samedi 15 décembre, aux environs de 10 heures et contre toute attente, les éléments des Renseignements généraux et ceux de la police reviennent à la charge. Mais cette fois ci avec le détenu. Le coin est aussitôt quadrillé. La déviation est obligatoire pour les usagers. Les habitants sortis beaucoup plus massivement suivent de loin les événements. A l’intérieur, les flics procèdent à la perquisition des locaux. Aucune entrée n’est autorisée. Environ 40 minutes plus tard les flics ressortent avec leur détenu, direction PJ. Ils ont cherché à ramasser les stocks des derniers numéro mais n’ont pu mettre la main que sur les quelques derniers restants dans les tiroirs de la chargée des affaires commerciales. Les locaux du journal sont quant à eux mis sous scellé et gardé par deux policiers. Lundi 17 décembre, aux environs à 13 heures 8 mn Nadjikimo est conduit au palais de Justice pour être déféré devant la Procureur de la République. Les journalistes les militants des droits de l’homme, les avocats, les amis...investissent les locaux du palais. Après trois heures de temps d’attente au moins, Nadjikimo est reçu au bureau du Procureur de la République qui lui signifie son chef d’accusation : il est poursuivi pour « incitation à la haine tribale et trouble à l’ordre public » la parution incriminée est le Notre Temps n° 325 du 11 décembre 2007, l’article intitulé « Sarko pas de larmes de croco ». La plainte est signée du Président du Haut conseil de la communication Dédjébé Tireingaye Bob.(voici l'article incriminé)
Si on veut la réconciliation, on ne doit pas revenir sans cesse sur ce qui nous a séparé...
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