Un Président de la République cherche désespérément un premier ministre

Ce n’est pas le titre d’un ouvrage nouvellement paru, mais la vie d’un pays qui se résume au bon vouloir d’un usurpateur qui se met dans la peau du président de la République. C’est quand même curieux ; près de deux mois après les élections législatives et plus de trois semaines après la démission de l’équipe Agboyibo, le Togo n’a toujours pas de premier ministre et par conséquent de gouvernement. Et pourtant ! rien, absolument rien, à priori ne devrait conduire Faure dans une situation pareille.
En effet, son parti estime avoir remporté une large majorité des députés au parlement et l’article 66 de la constitution de 1992 toilettée en 2002 grâce aux prouesses de Debbasch, dispose : « le président de la république nomme le premier ministre. Il met fin à ses fonctions ». pour ce faire les thuriféraires du pouvoir RPT à savoir Bodjona Pascal, Gilbert Bawara, Agba Kondi, Solitoki Esso n’ont cessé de ressasser que, le président est libre de nommer qui il veut.
Sur le plan textuel, nous sommes d’accord mais dans la pratique on ne semble pas voir en Faure, un président libre de nommer son premier ministre en dépit de la majorité du RPT au parlement. En clair les choses semblent se compliquer certainement à un niveau que nous savons tous. En attendant de résoudre ce problème interne au RPT, le pouvoir de Faure joue à la diversion en initiant des rencontres avec Gilchrist ; le temps d’arriver à aplanir les divergences dans son camp.
Il est donc certain que au RPT, on ne parle plus le même langage, c’est à dire celui de la discipline. En attendant que les héritiers ne règlent leurs différends, le Togo est pour le moment sans gouvernement avec toutes les conséquences dans un pays économiquement exsangue. Pour l’heure, des sources qui se disent toujours dignes de foi, annoncent la nomination de l’oiseau rare dans les heures à suivre. Attendons de voir qui sera l’homme ou la femme qui sera chargé sous peu de mettre en œuvre la politique de clientélisme, de favoritisme, de népotisme, de promotion de copines, maîtresses et des amis de Faure à la tête de différents secteurs économiques juteux du pays comme c’est le cas ces deux dernières années. Dans tous les cas, si l’envie vous prend de vouloir jouer ce rôle ou d’aller dans cette galère, vous n’avez qu’à contacter directement les services du palais de la Marina ; qui sait, vous serez peut être l’heureux élu. Pauvre Togo, du n’importe quoi !
Simon de Fanti