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06 octobre 2007
Faure Gnassingbé s’est brûlé les doigts : La Fraude ou la dernière carte du RPT

En pleine campagne électorale et à quelques jours de la tenue effective du scrutin, le RPT vient de jeter un pavé dans la marre en remettant en cause l’authentification des bulletins de vote. Le consensus observé jusque là au sein de la CENI vient de voler en éclat et les travaux de cette institution se trouvent actuellement dans l’impasse ; de quoi inquiéter sérieusement les autres acteurs du processus de même que les partenaires en développement.

Les raisons du volte-face du RPT et ses alliés

Pour éviter que les bulletins de vote ne soient falsifiés, les membres de la CENI se sont mis par consensus d’accord pour leur authentification. Il a été donc convenu qu’avant les opérations de vote, le bulletin soit contresigner au verso par le Président du Bureau de vote et son rapporteur. Rappelons que dans chaque bureau de vote si le Président est de l’opposition, le rapporteur est du pouvoir et vice-versa.

Lors des élections précédentes organisées dans notre pays, on a souvent assisté à des bourrages massifs d’urnes ou à des votes préfabriqués. C’est donc pour éviter ces genres de choses afin de garantir un scrutin libre et transparent que les membres de la CENI ont accordé leur violon sur l’authentification des bulletins de vote.

Seulement voilà ; une semaine après le début de la campagne le RPT se rend compte de son impopularité notoire et la peur d’une prochaine débâcle électorale a conduit son laboratoire à remettre en cause le consensus qui avait prévalu. Fondamentalement la campagne du RPT sur toute l’étendue du territoire peine à décoller et les mêmes individus sont transportés dans les camions des FAT et de la SOTOCO d’un meeting à un autre.

A Lomé le parti de l’usurpateur Faure Gnassingbé est à peine visible dans les rues. Pour éviter donc cette défaite on sort les vielles méthodes basées sur l’intimidation, les menaces pour décourager les militants de l’opposition. Dans la préfecture de la Binah, on signale le zèle du préfet de cette localité qui non seulement intimide et menace les candidats de l’opposition mais fait arracher systématiquement toutes les affiches des autres candidats de l’opposition. Aux dernières nouvelles, il aurait été brièvement interpellé par la FOSEL qui tient à faire régner l’ordre dans la localité.

La vigilance des candidats et militants de l’opposition depuis le début du recensement jusqu’à la campagne électorale mettent le RPT dans une situation très délicate. Selon des informations obtenues auprès même de certains partisans du pouvoir, la seule alternative du RPT reste et demeure le vote préfabriqué contre espèces sonnantes et trébuchantes et le bourrage massif des urnes. Pour ce faire certains barons du pouvoir qui se sentent en difficulté dans leur fief électoral auraient déjà commandé des milliers de faux bulletins pour bourrer les urnes. Les partisans du pouvoir rompus à la tâche de la fraude électorale ne sont pas prêts à accepter une défaite. Ils ont alors trouvé des alliés, qui eux aussi ont le même souci pour remettre en cause ce qu’ils avait eux même déjà accepté. Le REFAMP, le PDR, la CPP et le RPT n’ont de salut dans cette élection qui si la fraude s’y invite. Comme les oiseaux de même plûmes sont toujours condamnés à voler ensemble, ils se serrent les coudes pour remettre en cause l’ensemble du processus électoral à quelques heures du vote.

La preuve est ainsi faite que le RPT avec à sa tête Faure Gnassingbé contrairement à ce que les naïfs racontent ne changera jamais et aura recours aux vielles méthodes dès qu’une élection signifie la fin de leurs privilèges. Les reformes constatées actuellement ne sont pas le fruit d’une bonne volonté politique venant de la part du pouvoir mais le résultat de pressions aussi bien de la communauté internationale que du peuple togolais lui même. A l’état major des trois partis crédibles de l’opposition on se pose des questions sur les véritables intentions du pouvoir même si la réponse est déjà connue de tous. L’UFC au cours d’une conférence de presse tenue à son siège ce jeudi 4 octobre a déploré l’attitude du pouvoir RPT dont les agissements à la CENI polluent la campagne électorale avant d’ajouter d’un ton ferme que si le pouvoir s’oppose à l’authentification des bulletins alors il n’y aura pas d’élection le 14 octobre prochain. Du côté de la CDPA on invite le RPT à la sagesse. Dans une déclaration sur RFI le professeur Gnininvi s’est exprimé en ces termes « Aujourd’hui, ce qui se passe c’est qu’il y’a un problème sur l’authentification des bulletins de vote. Je crois savoir que dans une séance précédente, il avait été convenu que le président du bureau de vote et le rapporteur allaient signer au verso de chaque bulletin de vote pour être sûr qu’il n’y a pas de bulletins étrangers. Et curieusement aujourd’hui, certains reviennent sur cette décision. Je pense qu’il faut leur dire que ce n’est pas sage. Dès qu’une décision, systématiquement n’aide pas une des parties, il vaut mieux qu’ils aillent dans ce sens-là pour que l’apaisement que nous avons commencé à construire depuis 18 mois puisse continuer. Je les encourage à aller dans ce sens-là plutôt que de revenir la-dessus et de créer des tensions inutiles dans le pays. » Quant au parti de maître Agboyibo le ton est également à la fermeté. Maître Hegbor au cours d’une émission sur une chaîne de télévision de la place a affirmé qu’il ne comprenait pas les motivations de ceux qui remettent en cause une décision qui assure la crédibilité du scrutin avant d’ajouter qu’au CAR il n’était pas question d’accepter une remise en cause de l’authentification des bulletins de vote. Certains partis de l’opposition ont déjà saisi le facilitateur Blaise Compaoré sur cette question du bulletin de vote qui risque de remettre en cause les efforts déployés par les uns et les autres pour l’instauration d’une démocratie apaisée au Togo.

Faure Gnassingbé était en début de semaine à Ouagadougou mais rien n’a filtré des entretiens entre lui et le président du Faso. La position ferme du CAR, de la CDPA et de l’UFC met Faure dans une situation de dilemme totale où il devra désormais montrer sa volonté à organiser des élections propres au risque de créer des remous dans son propre parti habitué à organiser devant le monde entier des holp up électoraux. Tout compte fait l’on peut désormais dire que le RPT se trouve dans uns situation assez délicate et cherche des moyens pour rééditer le scénario du bourrage des urnes. Dans le camp des forces démocratique, la vigilance doit demeurer la règle surtout qu’un adage dit chasser le naturel……..

Simon de Fanti, tultogo.com
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