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11 Septembre 2007
Dossier campagnes électorales :
Législatives du 14 octobre2007, compte à rebours sur fond de manœuvres politiciennes


En renvoyant les députés mouton devant les électeurs et en fixant la date du scrutin au 14 octobre 2007, le gouvernement d’union nationale vient de donner le signal d’une course effrénée qui verra s’affronter dans les prochains jours l’ensemble de la classe politique togolaise. L’enjeu est de taille en ce sens que pour certains partis politiques ce scrutin est une question de survie. Au delà de cette question non moins importante dans le débat politique de notre pays, l’inquiétude des populations tourne autour de l’usage que fera l’opposition togolaise de cette nouvelle victoire que les populations vont certainement lui accorder. En clair quel visage aura le prochain gouvernement d’ici quelques semaines. Cette question essentielle s’adresse surtout à trois partis politiques à savoir le CAR, la CDPA et l’UFC.

Les manœuvres pré -électorales

A quelques semaines du scrutin, les manœuvres pour le partage du pouvoir sont déjà en cours au niveau des états majors de certains partis politiques. En réalité avec le scrutin de liste, les leaders même les plus triomphalistes savent pertinemment qu’aucun parti à lui seul ne saurait obtenir la majorité à l’assemblée nationale. Selon des sources bien renseignées, une fourchette serait déjà définie pour chaque formation politique. Ainsi le CAR tournerait entre 0 et au plus 10 députés, le RPT entre 10 et 20 et l’UFC entre 20 et 28, la CDPA entre 0 et 5 et le reste pour les autres partis. Cette situation va donc ouvrir la voix à toutes les manœuvres même les plus inimaginables pour créer une majorité qui n’ira certainement pas dans le sens des préoccupations des populations. Dans les milieux des observateurs avisés de la scène politique de notre pays, il est admis que le fossé qui sépare le CAR et l’UFC est désormais devenu un gouffre et il serait très difficile de former une majorité avec ces deux importants partis et la CDPA. Que se passerait –il alors en ce moment ? Le RPT profiterait encore de la situation pour tourner en bourrique les leaders de l’opposition en promettant le poste de premier ministre le matin à l’un et le soir à un autre.

Gouvernement RPT-CAR-CDPA

Ce scénario avec maître Agboyibo premier ministre est la première hypothèse. Depuis quelques mois en effet le CAR ne fait mystère de ses intentions de composer désormais avec le pouvoir de Faure Gnassingbé sous le prétexte qu’il faut être au côté du pécheur pour le convertir. Convaincu que cette méthode est la seule qui puisse sortir pacifiquement le Togo de l’impasse, les responsables du CAR font tout pour manager le RPT et tirer à boulets rouges sur l’UFC qu’il présente comme un parti extrémiste dont l’objectif est de provoquer un changement par la violence. Dans cette optique le bélier noir ne cesse de claironner à qui veut l’entendre qu’il ne faut pas voter pour l’UFC parce que la France n’en veut pas et l’armée togolaise aussi. La vérité est que en faisant une alliance avec l’UFC le CAR pourrait perdre la primature qui constitue pour ce parti non seulement une visibilité mais surtout d’énormes privilèges. Au sein du parti de maître Agboyibo, le principe est simple ; nous sommes à la primature et nous comptons y rester en faisant alliance avec le RPT contre le vœu du peuple. Mais ce que les responsables du CAR oublient, c’est que la CDPA est en embuscade et que au sein de cette même coalition contre nature, le RPT pourrait nommer le professeur Gnininvi Premier ministre au grand désenchantement d’Agboyibo qui n’aurait d’autres solutions que de participer à ce gouvernement.

Gouvernement RPT-UFC

Cela peut paraître inimaginable aux yeux de certains mais ces derniers jours il y a des signes précurseurs qui annoncent une telle probabilité. A ce moment précis où le pouvoir de Faure est menacé au sein de son propre camp, l’homme pour survivre a plus que jamais besoin de l’UFC pour consolider son pouvoir. Gilchrist qui a déjà rencontré Faure à plusieurs reprises avec la bénédiction de la communauté SANT’EGIDIO ne serait pas hostile à ce rapprochement surtout qu’en ce moment son parti aussi est à bout de souffle. Lors de son dernier retour à Lomé, le leader de l’UFC a qualifié le processus de recensement d’encourageant surtout au moment où ses lieutenants Jean Pierre Fabre et Patrick Lawson ne cessaient de dénoncer des fraudes massives liées au recensement des étrangers, des mineurs et à l’intrusion des préfets dans le processus. Cette déclaration a laissé l’impression d’une certaine mésentente au sommet de ce parti. Mais la réalité est tout autre. En déclarant le processus encourageant, le leader de l’UFC sait pertinemment à quel jeu il joue surtout que nous sommes à quelques semaines de la formation d’un nouveau gouvernement. Faure et Gilchrist mettront leur fameux rapprochement sur le sceau de la réconciliation entre les fils Gnassingbé et Olympio Quant à la CDPA, si elle arrivait à obtenir quelques sièges, elle ne trouverait aucun inconvénient à participer à ce gouvernement avec un premier ministre UFC. Gilchrist en homme imprévisible risque une fois encore de surprendre les togolais. Tout compte fait en cherchant par tous les moyens à faire une alliance avec le RPT, l’opposition togolaise semble se comporter comme si nous sommes dans une démocratie normale. Elle a perdu le sens de la lutte du 05 octobre qui avait pour l’unique but de mettre fin à la dictature dans notre pays. A l’allure où vont les choses autant dire en même temps que les lendemains des élections législatives réservent des surprises désagréables aux togolais. Les extrémistes dont la plupart se trouvent au sein du RPT n’ont pas dit leur dernier mot. La bande composée de Kpatcha, Agbéyomé, Natchaba, Tidjani et certains de leurs amis de l’opposition radicale n’ont certainement pas renoncer à leur projet de mettre fin au pouvoir de Faure Gnassingbé. Quelque que soit ce qu’on essaye de faire croire aux populations, il est admis aujourd’hui que les jours à venir seront encore plus difficiles pour les togolais.

Simon de FANTI
Si on veut la réconciliation, on ne doit pas revenir sans cesse sur ce qui nous a séparé...
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