La dérive autoritaire du président Wade

En Afrique, nous avons l’habitude de dire que les cheveux blancs sont des signes de sagesse. Mais parfois, il existe des hommes avec des cheveux entièrement blancs qui se comportent comme des délinquants. Maître Abdoulaye Wade, l’actuel président du Sénégal, vu son âge a certainement des cheveux blancs même s’il a toujours une tête rasée.
Voilà un monsieur intellectuel de son état, qui a passé 26 bonnes années sur les bancs de l’opposition, et le bon Dieu faisant, s’empare du pouvoir en 2000 à la suite d’une élection libre et transparente. Après un mandat de 7 ans avec un bilan mi figue mi raisin, il décide de se présenter de nouveau aux élections à plus de 80 ans. Pour y parvenir, le chantre du
« sopi » sème la zizanie dans son pays et embastille tout ceux qui sont susceptibles de faire obstacle à son ambition ou à sa boulimie du pouvoir. Journalistes, leaders d’opinion, opposants et même certains barons de son propre camp sont envoyés au cachot sous des arguments fallacieux.
Accroché à son orgueil, il organise des élections frauduleusement libres pour se faire réélire. Malgré la crise consécutive à cette élection, il refuse d’accéder aux exigences de l’opposition et organise de nouveau des élections législatives boycottées par l’opposition. Du coup le Sénégal jadis présenté comme un exemple en matière de démocratie se retrouve dans la position des mauvais élèves comme le Togo avec un parlement monocolore. Tous les observateurs s’accordent à dire que la démocratie sénégalaise a connu un recul. En dépit des protestations, le vieux pépé sénégalais multiplie les frasques. La dernière en date est d’avoir obliger tous les ministres de son gouvernement à lever la main pour jurer fidélité au président et ceci dans une cérémonie fastidieuse au palais de la présidence à Dakar en présence du corps diplomatique. Des ministres qui lèvent la main pour jurer fidélité au président, cela remonte au temps des monarchies ; à moins que Wade soit tenté d’instaurer une au Sénégal.
Le cas sénégalais et ce qui se passe actuellement au Mali avec les entraves à la liberté de presse nous amène à dire que la démocratie et la liberté de penser sont menacés en Afrique par ceux là même qui hier vociféraient qu’ils étaient des démocrates convaincus. Wade se laisse aller à des délires d’une autre époque au moment où dans ce pays des milliers de jeunes fuient massivement la misère en s’embarquant comme des sardines dans des barques de fortune. Malgré le nombre élevé de ces jeunes qui sombrent dans l’océan, les candidats au départ sont de jour en jour plus nombreux. Cette situation signifie qu’en réalité, il existe une misère galopante , un ras-le-bol total dans ce pays. Au lieu de prendre son temps pour trouver des solutions idoines au problème de pauvreté criard qui sévit dans son pays, voilà notre auteur du fameux NEPAD occupé à jouer au monarque absolu d’un autre temps dans son palais. Dans son livre
« un Destin pour l’Afrique » publié en 2005 aux éditions Michel Lafon et dédié à la jeunesse africaine Abdoulaye Wade s’exprime en ces termes :
« A un moment où, pour la plupart des observateurs, l’Afrique a définitivement perdu la bataille du développement, où nos gouvernements sont totalement submergés par des problèmes aussi difficiles les uns que les autres et où, hélas, notre jeunesse verse dans le désespoir, j’ai voulu écrire cet ouvrage politique adressé aux peuples d’Afrique et de la diaspora, plus particulièrement à notre jeunesse, pour lui indiquer que nos maux viennent simplement du fait que nous avons pris la mauvaise route, parce que nous n’avions pas voulu suivre celle qui avait été tracée par de grandes figures noires au début de ce siècle. » une fois aux affaires lui même ne se prive pas d’emprunter le mauvais chemin et d’enfoncer la jeunesse de son pays dans la misère. Wade s’est inscrit aujourd’hui dans la clique de Robert Mugabe ces vieux crocodiles qui ont perdu la raison et prennent leurs fantasmes comme une vérité imposable au peuple. Nous ne serons pas surpris de le voir propulser son fils Karim à la présidence comme ce fut le cas au Togo en 2005 surtout qu’actuellement il a, à sa disposition un parlement monocolore et totalement acquis à ses frasques. Pauvre Afrique !
Ferdinand AYITE, rédaction tultogo.com