ATT A T-IL PERDU LA BOUSSOLE ?

Selon des informations reçues à notre rédaction et de sources concordantes, Cinq journalistes et un enseignant ont été arrêtés et emprisonnés la semaine du 14 juin 2007 sur ordre du procureur de la république du Mali pour "offense et complicité d'offense au chef de l'Etat". Selon les mêmes sources, ces journalistes encourent une peine allant de six mois à cinq ans de prison et une amende de 50 000 à 600 000 francs cfa. Que s’est-il passé subitement, dans la tête de ATT ?
Le Mali à l’instar du Bénin, sont considérés comme ayant amorcer un virage irréversible vers la démocratie. Ces pays, ont une audience favorable au sein de l’opinion africaine et dans la diaspora comme des pays modèles. Rien à voir avec les pratiques qui se déroulent sous d’autres cieux en particulier le Togo, qui font parti des Etats voyous.
En effet, dans sa parution du 1er juin, le quotidien privé malien « Info-Matin », publie un article et titré : "La maîtresse du président de la République". Un article qui reprenait celui d'un exercice littéraire soumis à une classe d'un lycée de Bamako : les élèves avaient pour consigne de résumer puis de commenter un texte sur"une étudiante (Dily), prostituée économique" qui "se retrouve dans une de ses escapades charnelles entre les griffes du président de la République jusqu'à ce que grossesse s'ensuive", et se bat – avec succès – pour que l'enfant à naître soit reconnu.
Ce sujet intellectuel et pédagogique que le professeur veut étendre aux valeurs morales et civiques, a été envoyé à la rédaction du journal en question et notre confrère
Seydina Oumar Diarra, a décidé d’écrire un article qu’il publie dans son journal. Malgré que le professeur en question du texte, rappel bien que, ce sujet n’est que le « pur produit de sa société et qu’il est inspiré par les réalités qui l’entourent » . Jamais cet article n’a fait mention du nom d’aucune personne que ce soit, ni à aucun moment, fait allusion à son Excellence Amadou Toumani Touré, si ce n'est comme un "don Juan".
C’est vrai que la déontologie de la presse recommande aux journalistes de vérifier leurs sources, de respecter l’éthiques professionnelles, d’éviter les sensationnelles pour ne pas tomber sous les coup de la loi. Mais il faut reconnaître que l’Afrique est engagée dans un combat où les élites qui sont en charges de l’information doivent former, informer et éduquer. Un texte pédagogique qui parle de nos sociétés d’aujourd’hui, n’est que la bienvenue pour interpeller nos dirigeants, qu’ils sont les gardiens des bonnes mœurs. Nous ne voyons pas comment un tel article peut être sujet de polémique voir offensé le chef de l’Etat. Tout porte à croire que ATT veut remettre sous la selle le système qu’il a combattu.
« Ce n’est qu’une tentative de museler la presse à travers l’interpellation puis l’incarcération du journaliste » réplique les organisations et associations professionnelles de la presse malienne suite à l’assemblée générale du vendredi 15 juin 2007 à la maison de la presse.
Malgré la marche de protestation du 18 juin, rien n’y fait. Les organisations de défense de la liberté de la presse dont RSF en tête accusent le silence complice du président ATT.
Aux dernières nouvelles, le journaliste interpellé le 14 juin et emprisonné, est rejoint par quatre autres confrères, directeurs de publication pour avoir décidé de reprendre l’article et de le commenter. De source proche du tribunal de Bamako, on parle de : « complicité d'offense au chef de l'Etat par fourniture de moyens ».
Les journaux privés d’Afrique doivent reprendre cet article pour condamner l’arrestation des journalistes en question et la dérive autoritaire qui chagrine ATT.
Xavier NOUGBLEGA, tultogo.com Voici le texte incriminé"Une étudiante (Dily), prostituée économique, se retrouve dans une de ses escapades charnelles entre les griffes du président de la République jusqu’à ce que grossesse s’ensuive.
"Parmi la cour de ses nombreux courtisans, Dily préfère attribuer la grossesse au Don Juan de président de la République. Ce dernier, craignant pour son honorabilité, n’arrive pas à convaincre sa nouvelle conquête d’avorter même au prix d’une menace d’assassinat.
"Dily finit donc par accoucher et préfère, dans un premier temps, se battre pour la reconnaissance de l’enfant par M. le président que pour des fiançailles d’infortune.
"Malmenée par le géniteur présumé de son enfant, Dily interrompt une réunion du Conseil de ministres pour exposer la situation et plaider sa cause en présence de tous les membres du gouvernement.
"Elle trouve un écho favorable auprès du Premier ministre qui convainc son patron de reconnaître l’enfant. La question insolite et impromptue est vite évacuée et le président de la République n’a d’autres choix que de céder en promettant de demander la main de sa maîtresse".