PLAIDOYER POUR UNE SANCTION JUSTE ET RESPONSABLE: LA FTF TUE UNE MOUCHE AVEC LA HACHE

Le public sportif togolais a été surpris d’apprendre par les médias au lendemain de la rencontre TOGO/SIERRA LEONE, remportée magistralement par les Eperviers (3-1), que la guerre des primes que l’on pensait terminée a refait surface et a fait trois victimes parmi les mondialistes les plus adulés du public sportif : ADEBAYOR, KADER et DARE. « Ils sont exclus de la sélection nationale jusqu’à nouvel ordre » selon le communiqué de la FTF qui leur reproche « des comportements d’indiscipline caractérisée avant et après le match comptant pour les éliminatoires Ghana 2008 face à la Sierra Leone. » Le Président de la fédération est parti jusqu’à adresser copie de cette décision ultra petita aux clubs des intéressés croyant leur faire du mal sans se rendre compte que cela ne peut faire que la joie des dirigeants de ces clubs qui sont d’ailleurs réticents à les laisser revenir. L’exemple de Coubadja Kader qui n’a pu revenir que grâce à l’intervention de Stéphen Keshi, et qui est reparti juste après le match malgré sa blessure en dit long !
Tout baigne dans le flou et l’on se demande s’il s’agissait d’une exclusion ou d’une suspension, car de la mémoire des pénalistes, aucune exclusion n’est assortie de « jusqu’à nouvel ordre ». Ou l’on « exclut » et c’est une décision à l’issue d’une procédure de dernier recours donc irréversible, ou l’on « suspend » et la décision peut se lever si entre-temps il y a réparation du dommage causé. Et pour ce dernier cas, l’on peut assortir la décision de « jusqu’à nouvel ordre ». Mais, il se fait que dans le cas d’espèce, c’est une « exclusion » assortie de « jusqu’à nouvel ordre ».Ce qui fait dire aux médias qu’il s’agissait d’une « suspension » alors qu’au sein des décideurs eux-mêmes, c’est silence radio. Même la conférence de presse promise par l’initiateur principal de cette décision impopulaire n’a jamais vu le jour. Du moins pas pour le moment jusqu’à ce que nous mettons sous presse.Tout compte fait, il convient de noter que cette décision qui relève d’un acte de sabotage de l’essor renaissant du football national, a été pris sans aucune concertation des acteurs clés du Bureau exécutif, et vient accentuer la crise de confiance qui mine le Bureau de la FTF depuis sa mise en place, et son isolement dans l’opinion. Déjà des voix des plus importante du bureau ont manifesté leur désaccord total face à cette décision qui risque de compromettre la campagne des Eperviers pour la CAN 2008 qui aura lieu au Ghana en Janvier prochain. Les deux Vice-Présidents, le Secrétaire Général Adjoint assumant l’intérim du Secrétaire général absent du pays, n’ont été consultés avant cette prise de sanction ignoble, puante et irréfléchie.
Selon des sources proches de la Fédération seul un zélé de cette institution aurait pris part à la prise de cette décision cavalière et solitaire. TATA dirigerait donc la FTF avec ce zélé au détriment des avis des membres. Il est temps d’arrêter cette dérive qui ouvre déjà la voie à l’imminence d’une nouvelle crise plus grave qui risque de priver la FTF de son Bureau.
« C’est une décision grave et irresponsable dont la paternité totale et entière revient à TATA AVLESSI, le milliardaire qui s’est installé à la tête de la FTF par trahison et complot. » nous déclare, revanchard, un membre de l’ancien bureau de la fédération qui a contacté notre rédaction, avant d’ajouter implacable : « Il en supportera les conséquences à la mesure de l’imposture ».
On se souvient que cette crise de primes est née en Allemagne, suite à l’accusation des joueurs contre le Bureau sortant de faire main basse sur les fonds alloués par la FIFA à la sélection nationale suite à sa qualification à la phase finale de la coupe du monde qui s’est déroulée en Allemagne du 9 Juin au 9 Juillet 2006.
On se rappelle que TATA AVLESSI, membre de la délégation officielle et un proche de Lt Colonel Rock GNASSINGBE à cette compétition planétaire. Du côté de l’ancien bureau, Tata est perçu comme faisant partie de ceux qui avaient manipulé quatre membre du Bureau de la FTF qui sous prétexte de cette crise de primes donnèrent leur démission et rentrèrent dans une rébellion contre le Président sortant. Cette crise déboucha sur un congrès extraordinaire organisé à l’initiative de la CAF et de la FIFA qui verra l’éviction du principal acteur et indexé dans cette crise que traverse le sport-roi togolais.
Le nouveau président, au lieu de prendre des mesures d’exclusion impopulaires sans une concertation avec le Bureau et l’autorité de tutelle qui s’est désolidarisée avec véhémence de cette mesure sur les ondes nationales et internationales, aurait mieux faire, selon les observateurs avisés, de publier les comptes de la campagne mondiale des Eperviers pour justifier son refus de payer le reliquat des primes aux joueurs. Le public au nom de la transparence doit savoir quel est le montant des ressources mobilisées pour la phase finale de la coupe du monde et les dépenses effectuées pour situer les niveaux de responsabilité, avant de conclure si les revendications conduites par les exclus étaient ou non fondées.
M. AVLESSI qui a articulé sa campagne sur la gestion opaque des fonds de la fédération par l’ancienne équipe dirigeante, vient de démontrer que si la critique est aisée, l’art l’est moins et le voilà pris dans le filet de l’arroseur arrosé.
Pour certains, s’il y a des sanctions à prendre ce serait contre ceux dont la gestion de notre fédération depuis leur élection en Janvier dernier est en deçà de l’amateurisme, même un épicier du village ferait mieux. D’autres, très amoureux du ballon rond, se demandent « si les Togolais ont vendu le voleur pour acheter un sorcier, pyromane, qui va mettre le feu à la maison » parce que cette décision d’exclusion remet en cause la compétence des autorités gouvernementales togolaises, qui définissent la politique footballistique du pays et qui seules, sont habiletés à prononcer une « exclusion » au cas ou la faute commise remet en cause l’intérêt national et non des humeurs personnels comme le cas présent ; la suspension tout au plus étant du ressort du bureau de la FTF. Il est impossible de faire l’inventaire des bourdes commises par le nouveau bureau du football depuis sa prise de fonction. On se souvient du bras de fer de son Président avec le Ministre de la jeunesse dans l’histoire de Patrick NEVEU, sans que le Ministre ne crie gars. L’on se rappelle aussi de la violente altercation qui a eu lieu au début de la CAN cadet entre le président et son homologue béninois qui est parti jusqu’à affirmer que Tata lui avait administré un coup de poing, et tout ceci se déroula en présence du Président de la CAF et des sommités africaines et mondiales du football qui pouvaient sanctionner le Togo par cette faute, n’eut été les interventions de certains dignitaires togolais, sans oublier ses querelles sempiternelles avec son 1er Vice Président. Malgré tout cela le pouvoir en place n’en fait pas cas, lui qui considère qu’il faut lui trouver des circonstances atténuantes. Pourquoi alors ne doit-on pas pardonner les joueurs ? Pourquoi alors décider de la sanction suprême qu’est l’exclusion alors que l’on est soi-même susceptible de s’exposer aux mêmes tares ? Nul n’est ni ange ni bête et le malheur veut que celui qui veut faire l’ange fasse la bête, comme le disait Blaise Pascal. Il devient urgent que le Gouvernement instruise la FTF pour une annulation pure et simple de cette mesure d’exclusion qui risque de compromettre les chances du Togo d’être présent en Janvier 2008 au GHANA et plus encore en 2010 en Afrique du Sud.
ZIDANE à la finale de la Coupe du Monde en Juillet 2006 a donné un coup de tête à MATERAZI et a compromis les chances de la France de gagner la coupe du Monde, mais il n’a pas été sanctionné, le Président CHIRAC a même pris sa défense. Que dire de Grégory COUPET le gardien de Lyon AC après ses propos contre Raymond DOMMENECH, le sélectionneur national des BLEUS avant de plier bagages et d’abandonner la sélection en plein campement de préparation à la veille du coup d’envoi du Mondiale 2006 ? Il ne fut pas exclu du groupe bien au contraire, une délégation envoyée par le sélectionneur est parti le ramener à la raison et l’a fait revenir sur sa décision. C’est une sélection nationale et non une équipe du village financée par une seule personne qui peut décider du sort des joueurs comme ses employés. « Nous sommes appelés à gérer des hommes » s’exclama le Ministre de la Jeunesse et des Sports qui rappelons-le fut contourné dans cette décision qui pourtant engage toute une Nation. Et pourtant, on parle de discipline !
Personne n’est parfait et tout le monde peut se tromper dans la vie. Mais dans le cas d’espèce on ne peut sanctionner les stars qui par leur talent ont permis l’octroi des milliards à la FTF sur lesquels visiblement certains tapis dans l’ombre et à coups de menaces veulent faire main basse en se servant du Président de la FTF qui visiblement prête flanc à ce jeu. Cette sanction cache mal l’appétence gloutonne de certains insatiables du monde sportif togolais face aux primes des Eperviers Seniors, ceux-là mêmes qui se croient tout-puissants et qui ont menacé de mort nos ambassadeurs sans que la FTF ne se meuve !
Arguer que les joueurs en font trop n’est pas une raison suffisante pour les exclure de l’équipe nationale ! Les joueurs ont toujours été capricieux sous tous les cieux et il revient aux dirigeants de tenir compte des susceptibilités et de gérer efficacement les humeurs des uns et des autres. C’est ce qui fait dire au Ministre Attipoé : « Nous sommes appelés à gérer des hommes ». Que cette mesure inique soit annulée, et des excuses publiques soient présentées aux stars humiliées jusque dans leurs clubs, et au public sportif togolais parce que, même si faute il y a, les mesures prises contres elles sont disproportionnées.
Dimas DZIKODO